
Faire une photo haute vitesse, c’est capter un instant bref et éphémère d’un évènement transitoire.
Le début de l’éclatement d’un ballon par exemple.
Pour faire ce genre de photo il faut réunir 3 conditions :
- Le temps d’exposition doit être très court pour figer le mouvement du phénomène photographié.
- Détecter le moment exact où le phénomène se produit
- Faire en sorte que l’on puisse reproduire le phénomène plusieurs fois consécutivement sans dérive dans le temps du phénomène.
Temps d’exposition des photos haute vitesse :
La vitesse d’exposition la plus rapide sur les appareils photos dépasse rarement les 1/8000 de seconde.
Cette vitesse est insuffisante pour figer par exemple les effets d’un éclatement de ballon.
Pour augmenter la vitesse d’exposition, on utilise la méthode dite de l’ »open flash ». Comme son nom l’indique, il faudra exposer la scène avec un ou plusieurs flashs.
La méthode :
– Mettre la scène dans la pénombre ou la nuit. Ceci afin d’être sûr que le phénomène ne soit exposé que par l’action du flash.
– Régler l’appareil photo à une vitesse inférieure à la vitesse de synchro de l’appareil pour ouvrir l’obturateur en grand. (Voir fonctionnement obturateur)
– exposer le phénomène transitoire par un coup de flash
Plus la puissance du flash est faible plus la vitesse de l’éclair du flash est grande. Un flash courant réglé au minimum de puissance produit un éclair de 1/50000 de seconde, soit 6 fois plus rapide que l’obturateur de l’appareil.
Il existe des flashs dans le commerce qui permettent d’obtenir des éclairs de 1/2000000 de sec.
Plus la vitesse est élevée plus les phénomènes transitoires seront nets sur la photo.
Détecter le moment exact où le phénomène se produit :
Détecter le moment exact où il faut faire la photo est sûrement la chose la plus compliquée en photo haute vitesse. En effet, les phénomènes transitoires sont généralement si brefs qu’il est difficile de capter l’instant. Pour illustrer mes propos je vais présenter un exemple :
Imaginons que nous souhaitons photographier une pomme frappée par une balle tirée d’un fusil.
La balle du fusil se déplace à 500 mètres/seconde soit 50 centimètres/milliseconde.
La distance qui sépare le fusil de la pomme est de 5 mètre. la balle va donc parcourir la distance en 10 millisecondes.
Si vous exposez la pomme exactement 10 millisecondes après le départ de la balle vous allez bien capter l’impact de la balle sur la pomme.
Par contre :
- Une milliseconde trop tôt, la balle n’a pas encore atteint la pomme. Vous obtenez une simple photo de pomme !!

- Une milliseconde trop tard, la balle a percuté depuis longtemps la pomme et celle-ci a complètement éclaté et disparu. Vous obtenez une photo où il n’y a plus de pomme !!

Demander à un homme une telle précision est impossible. Il faudra utiliser une machine permettant de capter l’instant précisément. J’appellerai cette machine dans un premier temps « un contrôleur »
Répétabilité du phénomène
Bien qu’ayant capté correctement le phénomène transitoire, il n’est pas sûr que la photo soit belle esthétiquement parlant. Vous aurez besoin alors, de faire plusieurs essais pour obtenir la photo la plus esthétique possible.
Il faudra donc que les conditions de prise de vue restent toujours identiques.
Dans notre exemple, la distance entre la pomme et le fusil ne doit pas varier et rester à 5 m.
La vitesse des balles ne doit pas varier, etc…
Il sera donc nécessaire de construire un mode opératoire permettant de maintenir constantes les grandeurs physiques qui ont une influence sur la dérive du phénomène transitoire.


2 Comments
C’est sublime ! Bravo Michel. Je suis toujours ton parcours et je reste stoïque devant de tels oeuvres.
Merci